Maïté
Je suis technicienne en automatismes et j'ai 27 ans. J'ai intégré l'équipe du bureau d'études de TKES-UGO (ThyssenKrupp Electrical Steel) en 2001. Cette entreprise de 550 personnes est née en 1998 de la reprise par le groupe allemand ThyssenKrupp, de l'unité de production des tôles magnétiques (destinées à la fabrication des transformateurs électriques) d'UGINE Isbergues (aujourd'hui UGINE & ALZ).
Mon activité consiste à traiter les demandes de la fabrication ou d'autres services de l'usine pour améliorer, fiabiliser ou remettre en conformité une installation de production de tôles.
Une journée
Dans un premier temps, je rédige un cahier des charges dans lequel figurent toutes les informations nécessaires à la réalisation d'un projet (plans, caractéristiques techniques, matériels utilisés.). Ce cahier des charges est soumis à des entreprises extérieures qui me répondent sous la forme d'offres techniques. J'analyse ensuite soigneusement chaque retour d'appel d'offres et réalise si nécessaire un alignement technique.
Après intervention du service achat de l'entreprise, qui traite la partie commerciale de l'affaire, je travaille en collaboration avec les sous-traitants et veille au bon déroulement du projet (respect des délais, des données techniques.).
Avant la réalisation du projet, pour intégrer la sécurité, j'analyse les risques sur le chantier et rédige un plan de prévention en partenariat avec les intervenants. Pendant les travaux, j'assure le bon avancement du projet et participe aux essais et à la mise en service de l'installation.
Origine de mon choix
En 2001, j'ai appris que TKES-UGO cherchait une personne dans ma spécialité pour étoffer son bureau d'études. J'ai donc postulé pour le poste. Comme j'avais déjà effectué plusieurs stages pendant ma scolarité sur le site d'Isbergues, le chef de service me connaissait. Il m'a recommandée auprès de la direction de l'entreprise, qui m'a embauchée.
Ce que j'aime
Aujourd'hui, je travaille dans une ambiance sérieuse et rigoureuse.
Je pense que dans ce métier, une femme doit faire la preuve de ses compétences, pour s'intégrer dans un milieu essentiellement masculin. Ma curiosité m'aide beaucoup, je dois toujours me poser les bonnes questions. Je suis sociable, j'aime le contact avec les gens, quel que soit le poste qu'ils occupent. Pour moi, la barrière la plus difficile à franchir est celle de l'âge et je trouve dommage que le transfert du savoir des anciens ne se fasse plus aussi facilement qu'autrefois.
Chaque étude que je réalise est un défi.
C'est pour moi l'occasion d'apprendre, d'acquérir des connaissances dans les domaines les plus divers. Je reste très soucieuse jusqu'à la mise en service et quand le projet est terminé, que tout fonctionne comme il se doit, je suis fière de moi ! C'est comme un aboutissement.
Mes études
A la sortie du collège, j'ai fait une seconde avec options technologiques, puis j'ai obtenu en 1994 mon Bac S technologique.
Le Bac m'a paru trop théorique, j'avais besoin d'entrer en contact avec le matériel industriel et approfondir ma culture technique. J'aimais beaucoup les matières littéraires (français, anglais, philo), tout en étant bonne en mathématiques. Par contre j'ai rencontré quelques difficultés en conception mécanique car il me manquait des bases techniques. J'ai pu les compléter par la suite en préparant un BTS Mécanique et Automatismes Industriels au Lycée de Longuenesse puis une licence de technologie mécanique à l'EUDIL.
A la sortie de l'EUDIL, j'ai été recrutée par l'entreprise CLEMESSY de Coudekerque, en contrat d'alternance pour préparer un autre BTS en Informatique Industrielle, que j'ai obtenu en 1999. Puis j'ai été embauchée en CDI sur un poste de technicienne en automatismes.
Dans un proche avenir, j'aimerais reprendre des études afin de devenir ingénieure pour être responsable de projets et diriger une équipe.
Mon message
Les filles ont besoin de beaucoup de volonté et de détermination pour réussir dans les filières techniques. Pour moi, il n'y a pas de secret : il faut une vraie évolution des mentalités chez les filles, mais aussi dans les entreprises, qui n'ont pas toujours la volonté d'adapter leurs structures pour accueillir des femmes (toilettes, vestiaires.).
© b.alexandre
source : UIMM Artois-Douaisis
site Internet : uimm-ad.com - rubrique « les femmes et l'industrie »
Dernière modification : 05/05/2008