Elles en sciences

 

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Témoignage d'Alessandra


Alessandra


J’ai un poste de professeur à l’université Pierre et Marie Curie, Paris 6, au département d'Informatique depuis 2003.

Une journée

Je fais de la recherche, j’ai des discussions avec mes étudiants et mes collègues, je participe à des séminaires et je fais des heures d’enseignement.

Origine de mon choix

Très tôt, j’ai eu un goût prononcé pour les maths.
J'ai toujours fait ce que je voulais en terme d'activité de travail. J’aime réfléchir et essayer de résoudre des questions.


Ce que j'aime

J’aime laisser libre cours à mes pensées, des nouvelles idées arrivent, on progresse… J'aime cette sensation de progrès "intellectuel"... peu importe si les questions que l'on se pose en mathématiques auront des applications immédiates, comme en bioinformatique par exemple... cette sensation est indépendante des applications potentielles et elle est toujours là.
La biologie moléculaire a tout pour faire rêver une mathématicienne ! Le fonctionnement de l’ADN repose sur des motifs structurels remarquables, extrêmement complexes qui parlent beaucoup aux esprits formés aux mathématiques. Son étude demande en effet un niveau élevé de sophistication logique.


Ma vie personnelle

J’ai très peu d'activité à part la lecture et les voyages. Mes problèmes mathématiques à résoudre sont tout le temps présents dans ma tête, quand je marche dans la rue etc. Pendant des années, c'était comme ça. Maintenant j'ai un fils, et je dois m'organiser pour trouver le temps de mener ma recherche au rythme que je souhaite. Ce n'est pas toujours facile mais ce n’est pas impossible.


Mes études

Je suis née à Milan, j’y ai fait ma scolarité. Je suis partie un an en Angola. De retour en Italie, j’ai décidé de me lancer dans la nouvelle aventure de l’informatique, côté intelligence artificielle et logique mathématique.
Mes diplômes universitaires en poche, j’ai intégré à Sienne une école spécialisée en logique mathématique. Après une année à New York, j’ai soutenu ma thèse. Ensuite, j’ai occupé des postes de post-doctorat à Paris VII, puis en Autriche, et j’ai été nommée maîtresse de conférences à Paris XII.
Impliquée dans une réflexion en la théorie de la complexité, j’ai été détachée de 2000 à 2003 à l’IHES * pour poursuivre mes travaux en génomique.


Mon message

Dans ce domaine passionnant qu’est la génomique, il existe une vraie demande des biologistes pour des mathématiciens ouverts, créatifs, imaginatifs. Il y a des places à prendre !
En recherche mathématique, il arrive d’explorer des voies qui mènent à des « fenêtres aveugles », d’ouvrir des portent qui ne mènent nulle part. En revanche, les structures biologiques que nous étudions nous obligent à travailler sur des objets réels, vérifiables, contrôlables. Nos recherches sont dictées par les « besoins mathématiques » de ces structures. Si elles aboutissent, il est probable qu’elles ouvriront de nouvelles perspectives en maths et, nous l’espérons, dans les biotechnologies.


* L'INSTITUT DES HAUTES ÉTUDES SCIENTIFIQUES est un prestigieux institut de recherche avancée en mathématiques et physique théorique. Il offre à des savants d'envergure exceptionnelle un lieu où ils peuvent se consacrer entièrement à leurs recherches et accueillir des visiteurs pour travailler ensemble ; ceci a fait dire à Marcel Boiteux, le dernier président : "L'IHES est un foyer rayonnant, une ruche et en même temps un monastère où germent des travaux profonds longuement mûris dans le calme".
En 2000, sur 207 chercheurs visiteurs, seuls 16 étaient des femmes. Les 5 membres permanents de l’IHES sont tous des hommes.


 
Dernière modification : 10/06/2008


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