Elles en sciences

 
 
 
 
 

Témoignage d'Aline


Aline

Je suis Directrice marketing dans une filiale d'un groupe américain qui distribue des produits pour les laboratoires. J'encadre un service de 13 personnes, qui a la charge du choix des produits que nous commercialisons, de la réalisation du catalogue de produits, d'actions promotionnelles et de la politique de prix. Nous sommes en relation avec des fournisseurs du monde entier et nous avons la charge de l'expertise technique des produits depuis la réponse technique aux clients, jusqu'à la formation des vendeurs.

Une grande partie de mon travail consiste à animer le travail de mes collaborateurs, c'est à dire « à faire faire ». Au sein du comité de direction, je participe également à toutes les décisions de pilotage de l'entreprise.


Une journée

Je passe une grande partie de mon temps en réunions, soit pour faire avancer un dossier ou un sujet pour lequel les différents intervenants sont réunis, soit avec mes collaborateurs pour faire le point sur l'avancement du travail que je leur ai confié ou leur transmettre des informations, soit avec des fournisseurs pour négocier, faire le bilan de nos résultats et écouter leurs propositions. Certaines de ces réunions se font en anglais.
Mon rôle d'encadrement consiste souvent à analyser des informations qui me sont transmises par d'autres, à synthétiser les travaux de mes collaborateurs et souvent à décider, trancher sur la base de dossiers que mes collaborateurs ont préparés.
Je passe également beaucoup de temps à assimiler des informations et éventuellement à les rediffuser : en effet en marketing le travail de « veille » technologique et économique est très important.
Je suis très libre de mes horaires : je peux arriver tard ou partir tôt mais je travaille globalement beaucoup. Par contre avec un ordinateur et un téléphone portable je peux choisir de travailler de n'importe où, et n'importe quand. Il m'arrive d'aller chercher mon fils à l'école à 16h30 et de me remettre à travailler après 21h30 lorsqu'il est couché.


Origine de mon choix

Etre ingénieur c'est d'abord une formation, un passeport pour travailler dans un domaine scientifique et technique, quelle que soit l'activité exercée : recherche, production, méthodes, contrôle de gestion, marketing, ventes, qualité, direction générale, etc...
Dans mon cas je n'arrivais pas à choisir entre les sciences et les lettres. Mon diplôme d'ingénieur m'a permis de travailler dans des domaines scientifiques qui m'ont passionnée (de la chimie aux biotechnologies) tout en exerçant des fonctions commerciales puis marketing. Ces fonctions font appel à mes aptitudes personnelles plus littéraires : capacité à convaincre, sens des contacts, capacité à communiquer à l'écrit comme à l'oral.
Malgré les hésitations que l'on peut avoir dans l'orientation des études supérieures, un premier choix n'est jamais irréversible et il faut savoir saisir les opportunités qui peuvent se présenter pour réaliser que l'on s'épanouira plutôt dans une voie ou dans une autre.


Ce que j'aime

Avec la maturité de mes 40 ans, j'apprécie de pouvoir maintenant transmettre mon expérience à d'autres. Je peux décupler ma capacité à faire en déléguant à mes collaborateurs.
Lorsque je sens que j'ai vraiment aidé quelqu'un à progresser ou que j'ai pris une bonne décision, j'ai envie d'aller plus loin et de prendre encore plus de responsabilités.
Le marketing des biscottes ou des cravates ne m'intéresse pas mais j'adore :
- participer au développement d'un nouveau stérilisateur adapté à la stérilisation de compresses médicales en discutant des meilleures solutions techniques avec le bureau d'études
- former le personnel d'un laboratoire d'analyse à la manière d'utiliser les produits pour optimiser les analyses utilisées pour le contrôle qualité d'un médicament
- déterminer quels produits scientifiques et techniques inclure dans un catalogue pour optimiser les ventes et comment mettre en valeur leurs caractéristiques
- motiver les vendeurs à vendre une gamme de produits
- conseiller un client sur le meilleur choix technique pour répondre à son problème
Les défis sont souvent davantage liés aux hommes qu'à la technique. Au delà des aspects techniques, le challenge est d'obtenir que chacun des intervenants contribue au mieux à la réalisation du projet : il faut motiver chacun pour qu'il donne le meilleur de lui-même, jouer sur les complémentarités en utilisant les compétences de chacun, tenir les objectifs en terme de résultats et de délais.


Ma vie personnelle

Ma famille, c'est d'abord mes parents qui m'ont fait confiance, m'ont laissée libre du choix de mes études et m'ont donné les moyens de les mener à bien, même si ces choix les ont parfois surpris.
Aujourd'hui, c'est mon fils qui est mon moteur et ma joie de vivre. Je lui consacre le plus de temps possible. Pour cela, j'utilise la source de revenus de mon travail pour gagner en qualité de vie grâce à une employée de maison qui me décharge de toutes les taches ménagères. Ainsi lorsque je rentre à la maison, même s'il est tard, je suis totalement disponible pour mon fils jusqu'à ce qu'il aille se coucher. Je l'accompagne également à l'école presque tous les jours même si je dois pour cela décaler ma première réunion après 9h30.
C'est enfin mon conjoint qui partage mes joies professionnelles et mes soucis. Faire carrière à deux est un choix qui se décide à deux également. C'est beaucoup plus facile si on a le soutien de son conjoint. Le mien accepte de me voir travailler le week-end parfois pendant que mon fils joue avec un copain, parce que j'ai pris un mercredi pour être disponible avec mon fils et que j'ai pris du retard dans mon travail. Il n'hésite pas à organiser son propre agenda de manière à être là et à rentrer plus tôt si je dois partir en déplacement professionnel.

En dehors des activités familiales qui sont indispensables à mon équilibre, je cuisine. C'est la seule tache ménagère que je fais à la maison, pour le plaisir de la gourmandise et la détente que cela me procure. Cela remplace l'expérimentation chimique à la paillasse que je ne fais plus depuis des années ! Je fais également un peu de sport pour l'équilibre physique.
Enfin, j'aime tellement mon métier que j'essaie de convaincre les jeunes à faire les mêmes choix, au travers de mon engagement au sein de l'association des « Femmes Ingénieurs ».


Mes études

Mon parcours a été sinueux dans la mesure où j'ai longtemps hésité entre une orientation scientifique et littéraire. Après une seconde littéraire, j'ai suivi une première scientifique et obtenu un bac scientifique. J'ai ensuite intégré l'université dans le but d'obtenir une maîtrise de biologie pour devenir documentaliste scientifique. C'est pendant ce cursus que j'ai découvert l'entreprise et que j'ai changé d'objectif. Je me suis orientée vers une école d'ingénieur chimiste dans laquelle je suis entrée sur dossier.
Ensuite au cours de ma carrière, j'ai complété ma formation de base par une formation continue en marketing.
J'envisage maintenant de préparer un MBA (Master of Business Administration).
Une formation d'école de commerce ne m'aurait pas permis de faire du marketing de produits techniques car il faut avant tout comprendre les produits, les problématiques de clients et les applications. Alors je me dis que j'ai choisi la bonne formation. En effet la formation d'ingénieur permet de maîtriser assez aisément la technique. Elle apprend également à piloter un projet.


Mon message

Etre une femme dans un monde « d'homme » est un atout : une femme au milieu de 20 hommes dans une réunion sera forcément écoutée, on la remarquera et la culture de la galanterie pourra se faire jour. Autre constat, rajoutez une femme dans une réunion d'hommes et les discours seront plus souples, plus consensuels.
Une femme commerciale marquera plus un client que tous les commerciaux masculins qui ont défilé dans son bureau.. Un CV de femme parmi 100 CV d'hommes sera tout de suite remarqué. Bref, être une femme, c'est un facteur de différentiation et l'on peut en faire un facteur de différentiation positif.
Ce qui m'amène à ma deuxième devise : « quand on veut vraiment, on peut ! » et être une femme scientifique, c'est souvent avoir une grande motivation. Ce que savent les employeurs !

 
Dernière modification : 05/05/2008

1) Posté par rouabah fethia le 21/1/2008 - 10h21 (répondre)


je suis ingénieur chimiste,option:génie des procèdès ,d'origine algérienne , et j'étais trés intéressée par votre commentaire ,je travaille en qualité d'ingénieur au niveau de la direction des mines et de l'industrie ,dans l'administration et je veux travailler en parallèle dans un bureau d'études afin de pouvoir exercer un travail technique mais je ne sais exactement quels sont les bureaux d'études qui ont besoin de mes services.



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